Principes du livre de Sun Tsu : "l’Art de la guerre"
Sun Tzu a dit :
Sur les chemins d’Hermès, L’Art de la Guerre de Sun Tsu- livre III : Énergie - 1.
D’une façon générale, commander de nombreuses personnes c’est la même chose que d’en commander quelques-unes. C’est une question d’organisation
Chang Yu « Pour diriger une armée il faut d’abord confier les responsabilités aux généraux et à leurs seconds et fixer les effectifs des diverses formations... _ « Un homme, c’est un simple soldat ; deux hommes, une paire ; trois, un trio. Une paire plus un trio forment une bande de cinq ’, c’est-à-dire une escouade ; deux escouades forment une section ; cinq sections font un peloton ; deux pelotons, une compagnie ; deux compagnies, un bataillon ; deux bataillons, un régiment ; deux régiments, un groupe de combat ; deux groupes de combat, une brigade ; deux brigades, une armée . Chacun de ces éléments est subordonné à celui qui le précède dans la hiérarchie et a autorité sur celui qui lui est immédiatement inférieur. Chacun d’entre eux est convenablement entraîné. De la sorte, il est possible de diriger une armée d’un million d’hommes exactement comme s’il s’agissait de quelques individus.
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Et commander à un grand nombre, c’est la même chose que de commander à quelques-uns. C’est une question de disposition et de signaux.
Chang Yu « Or, il est certain que les troupes, lorsqu’elles sont très nombreuses, s’étalent sur de vastes espaces, que ni l’oeil ni l’oreille ne saurait percer avec une acuité suffisante. C’est pourquoi l’ordre d’avancer ou de battre en retraite est transmis aux officiers et aux hommes au moyen de drapeaux et de pavillons, et celui de se déplacer ou de faire halte au moyen de sonneries de cloches et de roulements de tambour. Ainsi le brave ne progressera pas seul, et le poltron ne s’enfuira pas. »
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La possibilité, pour l’armée, de soutenir l’attaque de l’ennemi sans être défaite est assurée par des opérations de la force « extraordinaire » et de la force « normale ».
Li Ch’uang « La force qui affronte l’ennemi, c’est la force normale ; celle qui le prend de flanc, c’est la force extraordinaire. Aucun chef d’armée ne peut arracher l’avantage à l’ennemi sans le secours des forces extraordinaires. »
Ho Yen Hsi « Je fais en sorte que l’ennemi prenne ma force normale pour l’extraordinaire et ma force extraordinaire pour la normale. En outre, la normale est susceptible de devenir l’extraordinaire et vice versa.
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Des troupes lancées contre l’ennemi comme une meule contre des oeufs sont un exemple d’action massive contre du néant.
Ts’ao Ts’ao « Contre ce qui est le plus inconsistant, lancez ce que vous avez de plus solide. »
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En règle générale, dans la bataille, utilisez la force normale pour engager le combat ; utilisez la force extraordinaire pour remporter la victoire.
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Or, les ressources de ceux qui sont experts dans l’utilisation des forces extraordinaires sont aussi illimitées que les cieux et la terre, aussi inépuisables que le flot des grands fleuves.
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En effet, elles s’achèvent puis se reforment, cycliques comme sont les mouvements du soleil et de la lune. Elles expirent, puis renaissent à la vie, se répétant comme font les saisons qui passent.
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Les notes de musique sont seulement au nombre de cinq, mais leurs combinaisons sont si nombreuses qu’il est impossible de les entendre toutes.
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Les couleurs fondamentales sont seulement au nombre de cinq, mais leurs combinaisons sont si innombrables qu’il est impossible à l’oeil de les percevoir toutes.
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Les saveurs sont seulement au nombre de cinq, mais elles donnent des mélanges si variés qu’il est impossible de les goûter tous.
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Au combat, seules existent la force normale et la force extraordinaire, mais leurs combinaisons sont illimitées ; nul esprit humain ne peut les saisir toutes.
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Car ces deux forces se reproduisent l’une sur l’autre ; leur interaction est sans fin, comme celle d’anneaux entrelacés. Qui peut dire où commence l’un et où finit l’autre ?
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Lorsque l’eau du torrent fait rouler les galets, c’est grâce à son impétuosité.
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Si d’un coup le faucon brise le corps de sa proie, c’est qu’il frappe exactement au moment voulu.
Tu Yu « Frappez l’ennemi aussi vivement qu’un faucon frappe au but. Infailliblement, il brise les reins à sa proie parce qu’il attend le bon moment pour frapper. Son geste est calculé. »
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Ainsi, celui qui est expert dans l’art militaire possède une force d’impulsion irrésistible et son attaque est réglée avec précision.
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Son potentiel est celui d’une arbalète bandée au maximum, son temps d’action celui du déclenchement du mécanisme
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Dans le tumulte et le vacarme, la bataille paraît confuse, mais il n’y a pas de désordre ; les troupes ont l’air de tourner en rond, mais elles ne peuvent être vaincues.
Li Ch’uang : « Dans la bataille, tout paraît être tumulte et confusion. Mais les drapeaux et les pavillons répondent à des dispositifs précis, le son des cymbales à des règles fixes. »
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La confusion apparente résulte de l’ordre, la lâcheté apparente du courage, la faiblesse apparente de la force.
Tu Mu « Ce verset signifie que, si l’on désire feindre le désordre pour attirer un ennemi, il faut être soi-même bien discipliné. C’est seulement alors qu’on peut feindre la confusion. Celui qui désire simuler la lâcheté et se tenir à l’affût de l’ennemi doit être courageux, car c’est seulement alors qu’il sera capable de simuler la peur. Celui qui désire paraître faible afin de rendre son ennemi arrogant doit être extrêmement fort. C’est seulement à cette condition qu’il pourra feindre la faiblesse. »
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L’ordre ou le désordre dépendent de l’organisation, le courage ou la lâcheté des circonstances, la force ou la faiblesse des dispositions.
Li Ch’uang « Or, lorsque les troupes parviennent à se placer dans une situation favorable, le lâche est brave ; que la situation devienne désespérée, et les braves deviendront des lâches. Dans l’art de la guerre, il n’existe pas de règles fixes. Ces règles ne peuvent être établies que selon les circonstances. »
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Ainsi, ceux qui s’entendent à provoquer un mouvement de l’ennemi y réussissent en créant une situation à laquelle celui-ci doit se plier ils l’attirent par l’appât d’une prise assurée et, tout en lui faisant miroiter une apparence de profit, ils l’attendent en force.
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C’est pourquoi un chef d’armée qualifié demande la victoire à la situation et non à ses subordonnés.
Ch’en Hao « Les experts en l’art militaire se fient tout particulièrement à l’opportunité et à la rapidité d’exécution. Ils ne font pas reposer sur leurs seuls hommes le fardeau de l’oeuvre à accomplir. »
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Il choisit ses hommes qui, eux, tirent parti de la situation.
Li Ch’uan « ... Or, le vaillant sait se battre ; le prudent, se défendre ; et le sage, conseiller. Il n’est donc personne dont le talent soit gaspillé. »
Tu Mu « ... Ne demandez aucune réalisation à ceux qui n’ont pas de talent. »
Lorsque Ts’ao Ts’ao attaqua Chang Lu dans le Han Chung, il laissa les généraux Chang Liao, Li Tien et Lo Chin à la tête de plus de mille hommes pour défendre Ho Fei. Ts’ao Ts’ao envoya des instructions à Hsieh Ti, chef d’état-major de l’armée, dans une enveloppe sur laquelle il avait écrit « A ouvrir seulement à l’arrivée des rebelles. » Peu après, Sun Ch’uan de Wu, accompagné de cent mille hommes, assiégea Ho Fei. Les généraux décachetèrent l’enveloppe et lurent « Si Sun Ch’uan arrive, les généraux Chang et Li monteront au combat. Le général Lo défendra la ville. Le chef d’état-major de l’armée ne participera pas à la bataille ’ Tous les autres généraux devront attaquer l’ennemi. »
Chang Liao a dit : « Notre Seigneur fait campagne au loin et, si nous attendons l’arrivée des renforts, les rebelles nous anéantiront certainement. C’est pourquoi les instructions nous enjoignent, avant que les forces ennemies ne se trouvent rassemblées, de les attaquer immédiatement afin d’émousser leur mordant et de raffermir le moral de nos propres troupes. Ensuite nous pourrons défendre la ville. Les chances de victoire ou de défaite résident toutes dans cette action. »
Li Tien et Chang Liao se portèrent à l’attaque de Sun Ch’uan et, effectivement, le défirent, ce qui annihila le moral de l’armée Wu. Ils rentrèrent et préparèrent leurs lignes de défense, et les troupes se sentirent en sécurité. Sun Ch’uan assaillit la ville pendant dix jours, mais il ne réussit pas à la prendre et il se retira.
A propos de cet épisode, l’historien Sun Sheng a noté :
« Or la guerre est une affaire de ruse. En ce qui concerne la défense de Ho Fei, elle était flottante, faible et privée de renforts. Si l’on se fie à de braves généraux qui aiment se battre, il s’ensuivra des difficultés. Si l’on se repose uniquement sur ceux qui sont prudents, ces derniers se laisseront décontenancer et auront du mal à garder la situation en main. »
Chang Yu « Or, la vraie méthode, lorsqu’on a des hommes sous ses ordres, consiste à utiliser l’avare et le sot, le sage et le vaillant et à donner à chacun une responsabilité dans des situations qui lui conviennent. Ne confiez pas aux gens des tâches qu’ils sont incapables d’accomplir. Opérez une sélection et donnez à chacun des responsabilités proportionnées à ses compétences. »
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Celui qui compte sur la situation utilise ses hommes dans le combat comme on fait rouler des bûches ou des pierres. Or, il est dans la nature des bûches et des pierres d’être en équilibre sur un sol ferme et mobiles sur un sol instable. Si elles sont carrées, elles s’arrêtent, si elles sont rondes, elles roulent.
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Ainsi, le potentiel des troupes qui, au combat, sont dirigées avec adresse, peut se comparer à celui des galets ronds qui descendent en roulant du haut de la montagne.
Tu Mu « ... Ainsi, il ne faut que peu de force pour réaliser beaucoup. »
Chang Yu : « ... Li Chang a dit : « Dans la guerre il y a trois sortes de situations »
« Lorsque le général méprise l’ennemi et que ses officiers aiment se battre, que les ambitions de ceux-ci sont aussi élevées que les nuages de l’azur et leur ardeur aussi farouche que les ouragans, on est en présence d’une situation créée par le moral.
« Lorsqu’un seul homme défend un étroit défilé montagneux ressemblant au tube digestif d’un mouton ou à la porte d’une niche à chien, il peut tenir tête à un millier de soldats. On se trouve alors en présence d’une situation créée par le terrain.
« Lorsqu’on tire avantage du relâchement de l’ennemi, de sa lassitude, de sa faim ou de sa soif ou lorsqu’on frappe tandis que ses postes avancés ne sont pas solidement établis ou que son armée est à mi-chemin de la traversée d’un fleuve, on se trouve en présence d’une situation créée par l’ennemi.
« Aussi doit-on, quand on commande des troupes, tirer parti de la situation, exactement comme lorsqu’on fait rouler une balle le long d’une pente abrupte. La force fournie est minime mais les résultats sont énormes. »
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