Livre de Grillot de Givry : Ignis Philosophicus

Le grand OEuvre, Méditation III, Ignis Philosophicus

XII Méditations sur la Voie Esotérique de l’Absolu

Grillot de Givry

Livre d’ésotérisme et d’alchimie de Grillot de Givry parlant : du mystère, du feu philosophique, de l’athanor, du disciple, de la Sapience. Dans la grande tradition de la science d’Hermès
C’est l’Esprit même de Dieu qui descend impétueusement dans le Philosophe, et qui, se combinant avec le feu central, c’est-à-dire la propension intérieure de son âme vers le Mystère, le fait vaticiner et lui donne le pouvoir d’accomplir des miracles.
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04. Livre de Grillot de Givry : Ignis Philosophicus
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L’Académie d’Hermès


Livre d’ésotérisme et d’alchimie de Grillot de Givry : MEDITATION III, Ignis Philosophicus.

LE président d’Espagnet a dit : " La régénération du monde se fait par le moyen de l’esprit de feu qui descend en forme d’une eau qui enlève la tache originelle de la matière ".

C’est d’en haut que tu dois faire descendre le feu philosophique qui purifiera tes concepts et abstergera ton âme.

Il y a ici un très grand mystère.

Ce feu énigmatique, tu ne l’obtiendras que par un effort merveilleux de volonté et par une ardente efflagitation [1].

Ces choses ont la miséricorde de Dieu, comme dit Basile Valentin. Pontanus avoue avoir erré plus de deux cents fois, quoiqu’il travaillât sur la vraie matière, parce qu’il ignorait la nature du feu philosophique.

Que tes mains et tes intentions soient pures, sinon cet adjuvant céleste te sera totalement refusé.

Il est l’influx astral, l’éclair coeligène [2] jaillissant de la nue sur l’athanor, le lien unissant le macrocosme et le microcosme. Sans lui tu ne peux rien accomplir, et avec lui tu es fort de toute force.

Zarathoustra l’appelait Berezesengh, le feu qui se tient devant Ormuzd. Mosché l’a nommé Myster 2 ; et les Mages l’ont exprimé ainsi sur les briques Khaldéennes ; contemple cette effigie

Myster 3

C’est l’Esprit même de Dieu qui descend impétueusement dans le Philosophe, et qui, se combinant avec le feu central, c’est-à-dire la propension intérieure de son âme vers le Mystère, le fait vaticiner et lui donne le pouvoir d’accomplir des miracles.

Recueille-toi, mon Disciple ; tu dois être le temple de cet esprit ardent qui opère de grandes choses.

Souviens-toi que les cendres des Philosophes contiennent le diadème de leur Roi. Ferme ton âme aux impressions extérieures. Lute ton athanor avec le lut de la Sapience.

Ne regarde pas au dehors dans les ténèbres ; reste au centre ; rapproche-toi le plus possible de l’ignition, de peur d’être emporté dans la circumversion, dans le tourbillon glacé du Maudit qui rugit, quoerens quem devoret.

Prends garde aux lémures mortifères, aux esprits cataboliques qui rôdent autour de toi. Vois les empuses qui te guettent ; invoque les égrégores : réchauffe bien en ton sein l’oiseau d’Hermès.

L’Alcyon va naître, mon Disciple ; réjouis-toi ; et si tu sais provoquer ce courant magnétique qui doit s’établir entre toi et les sphères supérieures, tu possèdes le Magistère, et le reste n’est que jeu d’enfants.

Vois, sculpté sur le portail droit de Notre Dame de Paris, l’évêque juché sur l’aludel où se sublime, enchaîné dans les limbes, le Mercure Philosophal.

Il t’enseigne d’où provient le feu sacré ; et le Chapitre, laissant, par une tradition séculaire, cette porte fermée toute l’année, t’indique que c’est ici la voie non vulgaire, inconnue à la foule, et réservée au petit nombre des élus de la Sapience.

Mais il n’est pas permis d’en dire d’avantage sur ce sujet.

[1] Agitation intérieure

[2] Coelus = Ciel