Livre de Grillot de Givry : Conjonction

Le grand OEuvre, Méditation V, Conjonction

XII Méditations sur la Voie Esotérique de l’Absolu

Grillot de Givry

Livre d’ésotérisme et d’alchimie de Grillot de Givry parlant : du Grand Oeuvre, du coeur, de l’adepte, de la femme, de l’Art, de l’Art majeur. Dans la grande tradition de la science d’Hermès.
C’est en vain, mon Disciple, que tu accompliras les ablutions préparatoires et que tu revêtiras la robe de lin sacré. Si ton coeur n’est pas pur, ce n’est pas le vêtement qui le mondifiera et qui saura te dérober à l’oeil de la Divinité.
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06. Livre de Grillot de Givry : Conjonction
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L’Académie d’Hermès


Livre d’ésotérisme et d’alchimie de Grillot de Givry : MEDITATION V, Conjonction.

FRÈRE Basile Valentin a dit : " Et la voix mélodieuse de la Royne plaira grandement aux oreilles du Roy igné ; il l’embrassera amiablement pour la grande affection qu’il luy porte, et sera repeu d’icelle jusques à ce qu’ils disparoissent tous deux, et d’eux deux ne soit faict qu’un corps ".

Le Grand Oeuvre est une éthique transcendentale.

Or, il est facile à l’Adepte d’éliminer de son existence les impédiments des pensées superflues et des êtres importuns.

Mais il rencontrera de sérieuses difficultés, s’il veut, obéissant à là norme d’activité et de passivité d’après laquelle est construit le macrocosme, reconstituer en lui-même l’androgynat édenique par l’assimilation d’une autre vie à la sienne. Là est l’obstacle, l’offendiculum véritable.

C’est en vain, mon Disciple, que tu accompliras les ablutions préparatoires et que tu revêtiras la robe de lin sacré. Si ton coeur n’est pas pur, ce n’est pas le vêtement qui le mondifiera et qui saura te dérober à l’oeil de la Divinité.

Il n’est pas de déperdition de forces psychiques comparable à celle que provoquera en toi la multitude des convoitises. C’est un envoûtement auquel Schelomoh lui-même n’a pas résisté.

Qui purus est, is certes est augur ; c’est Paracelse qui te l’enseigne, et la parole de ce maître est précieuse.

Ne marche pas dans les voluptés innommables. Ne ceins pas ta jambe de la jarretière de peau de loup. Garde-toi d’allumer le cierge vert qui dirige la femme vers les ténébreuses luxures. Redoute les incantations et les philtres d’amour, et porte au doigt la topaze qui réfrène la lubricité et qui chasse les phantasmes de la nuit. Défie-toi du crapaud de la sorcière, et ne t’endors pas, comme Merlin l’Enchanteur, dans la forêt de Brocéliande, où Viviane la perfide t’enchaînera pour les siècles.

Si tu choisis une compagne, le lien qui t’attache à elle doit être indissoluble, puisque tous deux, un jour, vous contemplerez l’Absolu face à face.

Avec elle tu dois partager les joies éternelles. Ses pensées, comme les tiennes, doivent donc converger toutes, vers la possession de l’Absolu.

Tu ne peux vivre qu’auprès de celle qui chemine, la main dans la main, avec toi dans la Voie, qui recherche avec toi la chose à trois angles, et t’adjuve au Grand Oeuvre.

L’épouse de l’alchimiste, c’est Pernelle, discrète et savante, portant au doigt l’anneau du souverain lien, reflétant toutes les pensées du maître, et veillant à son tour sur l’athanor lorsque l’heure l’exige.

Si tu as mal choisi, jette un dernier regard sur ce mystère qui ne t’est pas destiné ; emplis tes yeux de sa clarté, et ferme ce livre.

Tu peux quitter la Voie de l’Absolu, auquel jamais tu ne parviendras. Descends vers la géhenne, malheureux ! avec l’être inutile que tu as attaché à ta chair, avec l’écorce vide que tu traînes avec toi, et rentre dans la voie de la médiocrité qui est désormais tienne, et d’où jamais tu n’aurais dû sortir.

Mais si ta compagne orne vraiment ta vie, continue avec elle la progression contemplative vers l’Absolu.

Elle doit tirer - la merveilleuse ! - le même fruit que toi des présentes méditations.

Mais n’oublie pas que sa voie de perfectionabilité, malgré l’homoeomérie [1] du but final, est différente de la tienne, ce que tu connaîtras en étudiant avec soin sa constitution microcosmique.

Paracelse l’enseigne expressément : Archoeus alius in, viro, alius in foemina.

C’est de toi qu’elle doit recevoir l’initiation, comme tu la reçois toi-même de la Divinité. Retiens ce point essentiel, et garde-toi de l’orienter dans une voie qui n’est pas la sienne. Place la pomme d’or dans l’une de ses mains et le flambeau allumé dans l’autre.

Le feu et le menstrue dissolvant, voilà la clef de l’Art Majeur.

Si tu les connais, tu es alors dans la Voie Royale et tu verras bientôt le jour éternel, le jour qui ne finit pas, qui nescit occasum dies.

[1] Semblable, invariance de forme


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