
Traduction par Cristale :
Toutes choses se meuvent en Dieu
privé.
C’est celle qui obtient un acte stable autour de soi, de nulle chose souffreteur [1] ou indigent, mais étant infini, super abondamment donnant, et distribuant toutes choses. Elle est le commencement de l’univers, épandant par tous lieux sa bonté.
Or entends que quand je nomme ce terme ici bien, j’entends ce qui est et d’où dépendent tous biens, que l’on pourrais dire ou souhaiter : desquels Dieu est le collateur [2] et propriétaire. Car en premier lieu, il n’a aucune indigence : en manière qu’en appetant il peut être fait mauvais, et se dévier de sa souveraine bonté.
Et si ne tombe en lui aucun détriment, au moyen duquel il se peut contrister [3]. Car il surmonte toute manière de mal. Davantage il n’y a rien plus fort ni plus puissant que lui, dont peut être forcé et vaincu. Finalement il ne peut en lui échoir aucune injure, au moyen de laquelle peut être irrité, et s’enflammer de courroux. Car il n’y a rien qui refuse son joug et obéissance par le contemnement [4] et mépris, de laquelle peut être indigné.
Il n’y a chose pareillement plus sage et prudent que lui, qui lui peut causer ennui. Veu donc et considéré que toutes telles choses ne lui peuvent échoir, il n’y a rien aussi qui reste en sa nature, fors seulement ce suprême bien. Mais tout ainsi qu’il n’y a nulle chose des susdites en cette divine essence, aussi
[1] Disette, privation.
[2] Celui qui a le droit de conférer un bénéfice ecclésiastique
[3] Rendre triste
[4] Mépris, dédain.
Commentaires sur Livre d'Hermès : toutes choses se meuvent en Dieu
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