
Traduction par Cristale :
Argument onzième suite.
Ce que fault entendre (pour le bien comprendre) de l’eternelle generatiô du Verbe de Dieu Iesus Christ, au moyen qu’il dit avoir esté de necessité que l’oeuvre divine y fust, à fin que ce qui se faict, ou a esté fait, ou se fera à l’advenir, fust et consistast. Ce que n’est autre chose que vie, beauté, bonté, finablement Dieu, et la vie de toutes choses.
Ou ce qu’a plus haultement exprimé la trompette evangelique saint Iehan, quand il dit : au commencement estoit le Verbe, et le Verbe estoit avec Dieu, et Dieu estoit le Verbe. Toutes choses ont esté faites par luy, et sans luy n’a rien esté faict ce qu’a esté faict. En luy estoit la vie. La vie doncques de toutes choses procede de Dieu, et Dieu mesmes est la vie.
Qui fait que ce que vulgairement on estime la mort, ne soit pas la vraye mort des choses : mais plus tost ce que la vie des choses vivantes delaisse, quand elle se retire et se musse [1] desormais. Il use à la fin d’une proportion merveilleuse pour comprendre Dieu : lequel ores qu’on le comprenne, il demeure tousiours incomprehensible, et estant à touts incogneu, se donne en toutes choses à cognoistre.
Vous doncques gens de bien, soyez icy ententifz, et prestez l’oreille d’un franc vouloir aux hautz propos de la divine pensée, à fin que finablement cognoissiez que celuy qui a faict et fabriqué toues choses, l’a fait à ceste intention,
[1] Musser : Cacher
Commentaires sur Livre d'Hermès : argument onzième suite
Soyez le premier à apporter votre pierre à l'édifice de la connaissance, en mettant en partage vos richesses !