Livre d’alchimie et d’ésotérisme hermétique : Les Fables Égyptiennes et Grecques.
La quête de l’Eau limpide.
« Quant à cette eau limpide recherchée de tant de personnes, et trouvée de si peu, quoiqu’elle soit présente à tout le monde et qu’il en fait usage. Un noble Polonais, homme d’esprit et savant, a fait mention de cette eau qui est la base de l’oeuvre, assez au long dans ses Traités qui ont pour titre : Novum lumen, Chemicum ; Parabola ; Enigma ; de Sulfure. Il en a parlé avec tant de clarté, que celui qui en demanderait davantage, ne serait pas capable d’être contenté par d’autres. »
« Les Philosophes, continue le même Auteur, s’expliquent plus volontiers et avec plus d’énergie par un discours muet, c’est-à-dire, par des figures allégoriques et énigmatiques, que par des écrits ; tels sont, par exemple, la table de Senior ; les peintures allégoriques du Rosaire ; celles d’Abraham Juif, rapportées par Flamel, et celles de Flamel même. De ce nombre sont aussi les emblèmes de Michel Maïer, qui y a renfermé, et comme expliqué si clairement les mystères des Anciens, qu’il n’est guère possible de mettre la vérité devant les yeux avec plus de clarté. »
Tels font les seuls Auteurs loués par d’Espagnet, comme suffisants sans doute pour mettre au fait delà Philosophie Hermétique, un homme qui veut s’y appliquer. Il dit qu’il ne faut pas se contenter de les lire une ou deux fois, mais six fois et davantage sans se rebuter ; qu’il faut le faire avec un coeur pur et détaché des em-barras fatigants du siècle, avec un véritable et ferme propos de n’user de la connaissance de cette science, que pour la gloire de Dieu et l’utilité du prochain, afin que Dieu puisse répandre ses lumières et sa sagesse dans l’esprit et le coeur ; parce que la sagesse, suivant que dit le Sage, n’habitera jamais dans un coeur impur et souillé de péchés.
D’Espagnet exige encore une grande connaissance de la Physique ; et c’est pour cet effet que j’en mettrai à la suite de ce Discours un traité abrégé qui en renfermera les principes généraux tirés des Philosophes Hermétiques, que d’Espagnet a recueillis dans son Enchyridion. Le traité Hermétique qui est à la suite est absolument nécessaire pour disposer le Lecteur à l’intelligence de cet ouvrage. J’y joindrai les citations des Philosophes, pour faire voir qu’ils sont tous d’accord sur les mêmes points. On ne saurait trop recommander l’étude de la Physique, parce qu’on y apprend à connaître les principes que la Nature emploie dans la composition et la formation des individus des trois règnes animal, végétal et minéral. Sans cette connaissance on travaillerait à l’aveugle, et l’on prendrait pour former un corps, ce qui ne serait propre qu’à en former un d’un genre ou d’une espèce tout-à-fait différente de celui qu’on se propose. Car l’homme vient de l’homme, le boeuf du boeuf, la plante de sa propre semence, et le métal de la sienne. Celui qui chercherait donc, hors de la nature métallique, l’art et le moyen de multiplier ou de perfectionner les métaux, serait certainement dans l’er-reur. Il faut cependant avouer que la Nature ne saurait par elle seule multiplier les métaux, comme le fait l’art Hermétique. Il est vrai que les métaux renferment dans leur centre cette propriété multiplicative, mais ce sont des pommes cueillies avant leur maturité, suivant ce qu’en dit Flamel. Les corps ou métaux parfaits ( Philosophiques ) contiennent cette semence plus parfaite et plus abondance ; mais elle y est si opiniâtrement attachée, qu’il n’y a que la solution Hermétique qui puisse l’en tirer. Celui qui en a le secret, a celui du grand oeuvre, si l’on en croit tous les Philosophes. Il faut, pour y parvenir, connaître les agents que la Nature emploie pour réduire les mixtes à leurs principes ; parce que chaque corps est composé de ce en quoi il se résout naturellement. Les principes de Physique détaillés ci-après sont très propres à servir de flambeau pour éclairer les pas de celui qui voudra pénétrer dans le puits de Démocrite, et y découvrir la vérité cachée dans les ténèbres les plus épaisses. Car ce puits n’est autre que les énigmes, les allégories, et les obscurités répandues dans les ouvrages des Philosophes, qui ont appris des Egyptiens, comme Démocrite, à ne point dévoiler les secrets de la sagesse, dont il avait été instruit par les successeurs du père de la vraie Philosophie.
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- Septembre 2007 : Livre d’Alchimie et d’ésotérisme : l’Eau limpide
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