Pensée de la semaine du : mardi 20/11/07 Les Vers Dorés de Pythagore, par Fabre d’Olivet, Douzième examen

Commentaires de Fabre d’Olivet

D’Hermès à Pythagore

Pythagore - Fabre d’Olivet

Dans la grande tradition de la science d’Hermès, les vers dorés de Pythagore traduits et commentés par Fabre d’Olivet.
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Les Vers dorés de Pythagore, expliqués par Fabre d’Olivet.

Douzième examen.

Et quant aux maux qu’entraîne avec soi le Destin,
Juge-les ce qu’ils sont ; supporte-les ; et tâche,
Autant que tu pourras, d’en adoucir les traits :
Les Dieux, aux plus cruels, n’ont pas livré les sages.

J’ai dit que Pythagore admettait deux mobiles des actions humaines, la puissance de la Volonté, et la nécessité du Destin, et qu’il les soumettait l’un et l’autre à une loi fondamentale appelée la Providence, de laquelle ils émanaient également.

Le premier de ces mobiles était libre, et le second contraint : en sorte que l’homme se trouvait placé entre deux natures opposées, mais non pas contraires, indifféremment bonnes ou mauvaises, suivant l’usage qu’il savait en faire. La puissance de la volonté s’exerçait sur les choses à faire ou sur l’avenir ; la nécessité du destin, sur les choses faites ou sur le passé ; et l’une alimentait sans cesse l’autre, en travaillant sur les matériaux qu’elles se fournissaient réciproquement : car, selon cet admirable philosophe, c’est du passé que naît l’avenir, de l’avenir que se forme le passé, et de la réunion de l’un et de l’autre que s’engendre le présent toujours existant, duquel ils tirent également leur origine : idée très-profonde, que les stoïciens avaient adoptée.

Ainsi, d’après cette doctrine, la liberté règne dans l’avenir, la nécessité dans le passé, et la providence sur le présent.
Rien de ce qui existe n’arrive par hasard, mais par l’union de la loi fondamentale et providentielle avec la volonté humaine qui la suit ou la transgresse, en opérant sur la nécessité.
L’accord de la volonté et de la providence constitue le Bien ; le Mal naît de leur opposition.

L’homme a reçu, pour se conduire dans la carrière qu’il doit parcourir sur la terre, trois forces appropriées à chacune des trois modifications de son être, et toutes trois enchaînées à sa volonté. La première, attachée au corps, est l’instinct ; la seconde, dévouée à l’âme, est la vertu ; la troisième, appartenant à l’intelligence, est la science ou la sagesse.

Ces trois forces, indifférentes par elles-mêmes, ne prennent ce nom que par le bon usage que la volonté en fait ; car, dans le mauvais usage, elles dégénèrent en abrutissement, en vice et en ignorance.


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