Petit extrait du livre : Le troisième Oeil et l’infini, concerant l’application des droits de l’homme.
Livre de Claude Le Moal, en, Téléchargement GRATUIT
... Mais revenons un instant sur les implications redoutables que génère le maintien dans l’ignorance de ses droits de toute une population, et qui sont loin d’être anecdotiques. Combien savent que le génie de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, réside justement dans le fait que c’est une déclaration solennelle et non une Loi. Les parlementaires de la Révolution savaient pertinemment que les gouvernements sont habiles à changer les Lois au gré de leurs fantaisies d’une Assemblée Nationale, et des intérêts qu’ils convoitent, et si cette Déclaration avait été promulguée sous forme de Loi, il est fort probable qu’elle n’aurait pas survécu au-delà de l’an 1789, une Assemblée Nationale de coloration politique opportune, lui aurait fait rendre gorge.
Combien savent que cette déclaration, figure fort discrètement (juste sous forme d’évocation) dans le préambule de notre constitution, et que par voie de conséquence elle devient un droit positif de première importance, puisqu’elle gouverne par ses principes toutes les Lois de la République, en étant l’esprit de ces lois.
A ce sujet, je me suis toujours demandé combien de Lois respectaient ce sacro-saint principe constitutionnel ; en effet un nombre incroyable de textes ont été édités avant même l’existence du Conseil constitutionnel et à des époques encore moins démocratiques que la présente... Prenons un exemple simple mais infiniment révélateur : Il a fallu attendre la présidence de Giscard d’Estaing pour que soit réaffirmé le respect du principe de présomption d’innocence (Article 9 - Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable.) en matière fiscale...Aujourd’hui, je ne vous garantis absolument pas que les textes et les pratiques fiscales respectent ce principe. Il en est de même en matière d’enquête, cela arrange trop nos gouvernements.
Les juges d’instructions, les Officiers de police judiciaire ou les fonctionnaires habilités à instruire un dossier, ne sont pour le citoyen de base que de redoutables adversaires déclarés, ils pratiquent la chasse aux présumés coupables, en utilisant tous les moyens, y compris les plus déloyaux, pour accrocher une nouvelle tête à leur tableau de chasse, sans aucune conscience et moralité pour les dégâts qu’occasionnent souvent leur incompétence et leur irresponsabilité, contraires aux principes même des droits de l’homme. Ils sont formés pour obtenir des aveux, pourquoi des aveux ?, tout simplement par paresse, cela leur évite de longues et fastidieuses enquêtes, au cours desquelles il n’est pas sûr que ne soient pas commises des erreurs, des négligences ou des maladresses qui permettraient à la défense de faire annuler tout ou partie de la procédure en cours. Pour parvenir à obtenir des aveux, les agents instructeurs sont spécialement formés à l’utilisation des méthodes de déstabilisation psychologique et physique ( garde à vue dans des conditions humiliantes et dégradantes, contraires au droit international, détention provisoire dans les mêmes conditions - ce que pratiquent plus qu’abusivement nos magistrats instructeurs -). Aux méthodes de terrorisme intellectuel, aux manipulations tendancieuses, et tous les coups tordus au regard desquels, le respect de la Loi et des droits des citoyens fait figure de comptine enfantine. Face à cette redoutable et puissante machine à broyer les individus que sont les gouvernements de l’eggrégore Nation, le citoyen volontairement sous- informé, ne dispose que des paravents et illusions que lui fait miroiter le monde politique, à qui ce flicage totalitaire de la population convient parfaitement pour assurer la pérennité de son pouvoir absolu au travers d’une oligarchie réunies en Assemblée Nationale.
La présomption d’innocence a été instituée parce qu’il avait été mis en évidence, par une longue pratique du totalitarisme Royal, que prouver son innocence était virtuellement impossible, et laissait à tout interlocuteur, de mauvaise foi, obtus ou congénitalement crétin, toute latitude pour ne pas admettre cette démonstration d’innocence. Mais la présomption de culpabilité était aussi un merveilleux et puissant moyen de gouvernance, que l’eggrégore Nation ne se résout toujours pas à voir disparaître. Alors, entre un habile maintien des populations dans l’ignorance de ses droits, des glissements répétés dans la rédaction de textes législatifs ambigus, et la jurisprudence complice qui la transforment en fait établi, la présomption de culpabilité est devenue la règle dans tous les rouages de la société, et la présomption d’innocence l’exception.
Dans l’Article 6 il est dit : - ...Tous les citoyens, étant égaux à ces yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Indépendamment du fait que pour l’application effective des Droits de l’Homme, il a été nécessaire de procéder à la suppression des privilèges (Nuit du 4 août 1789), sans laquelle suppression, cette Déclaration n’était pas applicable ; ce qui suppose que toute réactivation de privilèges est nécessairement une violation de la Déclaration des Droits de l’Homme. L’Art 6 précise clairement : l’admission à toutes dignités, places et emplois publics selon les seuls critères des capacités, vertus et talents, ce qui fait de la garantie de l’emploi à vie des fonctionnaires, - qui ne repose sur aucune raison objectivement défendable autre que celui d’un privilège, et leur maintien dans le statut public, même lorsque l’utilité de leur poste à disparu -, est une VIOLATION FLAGRANTE de la Déclaration des Droits de l’Homme, et par voie de conséquence de la constitution.
Article 12 - La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée.
Je laisse à chacun le soin de prolonger les implications de cet Article 12, qu’il me soit juste permis de préciser que nos gouvernants n’ont jamais de problème de sécurité, la force publique ne leur est jamais comptée, mais si un citoyen demande protection, dans une banlieue sous l’emprise de voyous ou trafiquants, on leur opposera toujours la faiblesse des moyens et des effectifs, ou le fait que la police refuse d’exposer ses membres à l’insécurité et la violence, que par incompétence et irresponsabilité cette police a pendant de nombreuses années, laisser se développer... Comprenne qui pourra...
Article 14 - Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi.
Essayez de demander à une administration de constater le suivi de l’emploi de la contribution publique, rien que le non-respect de cet article démontre l’état de corruption totale de la techno-structure, et de ses agents les fonctionnaires, le secret et l’obscurité sont les conditions indispensables d’un gouvernement totalitaire.
Et s’il fallait une confirmation, la clarté de rédaction de l’Article 15 - La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. ne permet, sur ce sujet, aucune argumentation spécieuse ou de sophiste, en n’oubliant jamais que ce principe est réputé imprescriptible, inaliénable et sacré.
Il est donc évident que conformément à l’Article 16 : Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution., nous n’avons pas de constitution et qu’il nous est tout à fait possible d’invoquer une liberté, elle aussi imprescriptible, inaliénable et sacrée a savoir : Art 3 « la résistance à l’oppression. », et tout ce qui n’est pas conforme à la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, est une oppression !
Imaginez un instant que nous soyons tous correctement instruits de nos droits opposables à l’ensemble du corps social, comme le dit si bien le préambule de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, y aurait-il autant de fonctionnaires dans la nomenklatura de l’eggrégore Nation ?
Y aurait-il autant de Lois spoliatrices de nos Libertés individuelles, au profit des libertés du collectif ? Y aurait-il autant de présumés innocents, en situation de présumés coupables ? Y aurait-il autant de peur dans le coeur de chaque citoyen lorsqu’il est confronté à l’une des officines de la puissance publique ?
Alors, qui osera prétendre, que le maintien dans l’ignorance de ses droits fondamentaux, de toute une population, n’est pas un comportement nuisible et une injure faite à la mémoire de tous ceux, qui, dans la fleur de l’âge, sont morts en combattant les armes à la main, pour que nous puissions hériter de ce trésor d’humanisme et de liberté, sans autre effort à faire que celui qui consiste à le revendiquer.
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© Claude Le Moal
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