Lorsque l’homme parut sur la scène de l’univers
Lorsque l’homme parut sur la scène de l’univers, il forma à lui seul un quatrième règne, Règne hominal. Ce règne est nommé Pan-Kou par les Chinois,Pourou par les Brahmes, Kai Omordz ou Meschia par les sectateurs de Zoroastre, et Adam par les Hébreux et par tous les peuples qui reçoivent le Sépher de moïse, soit qu’ils s’y rattachent par l’Evangile comme les chrétiens, soit qu’ils y remontent par le Coran et l’Evangile comme les Musulmans. Page 43
Mais j’ai assez prouvé dans ma traduction de la Cosmogonie de Moïse, contenue dans les dix premiers chapitres du Sépher, qu’il fallait entendre par Adam, non pas l’homme en particulier, mais l’Homme en général, l’Homme universel, le Genre Humain tout entier, le Règne hominal. Page 44.
J’ai déjà eu l’occasion dans mes Examens sur les Vers dorés de Pythagore, de parler de l’Homme, et de réunir comme un faisceau les traditions sacrées, conservées dans les mystères antiques, les pensées des théosophes et des philosophes les plus célèbres, pour en former un tout qui pût nous éclairer sur l’essence intime de cet être, d’autant plus important et plus difficile à connaître qu’il n’appartient pas à une nature simple, matérielle ou spirituelle, ni même à une nature double, matérielle et spirituelle tout ensemble ; mais, comme je l’ai montré dans cet ouvrage, à une nature triple, enchaînée elle-même à une quatrième puissance qui le constitue. Page 45.
Au moment ou l’Homme parut sur la terre les trois règnes qui en forment l’ensemble et la divisent existaient. Le règne minéral, le végétal et l’animal avaient été l’objet de trois créations successives, de trois apparitions ou de trois développements l’Homme, ou plutôt le règne hominal fut le quatrième. L’intervalle qui sépara ces diverses apparitions est mesuré, dans le Sépher de Moïse, par un mot qui exprime une manifestation phénoménale. Page 46.
L’homme ne fut jamais compris dans le règne animal. Page 46.
L’homme, destiné à être le noeud qui unit la Divinité à la matière, fut, selon l’expression d’un moderne naturaliste, la chaîne de communication entre tous les êtres. Placé aux confins de deux mondes, il devint la voie d’exaltation dans le corps, et celle d’abaissement dans l’esprit divin. L’essence élaborée des trois règnes de la nature se réunit en lui à une puissance volitive, libre dans son essor, qui en fit le type vivant de l’univers, et l’image de Dieu même. Dieu est le centre et la circonférence de tout ce qui est : l’Homme, à l’initiation de Dieu, est le centre et la circonférence de la sphère qu’il habite ; il n’existe que lui seul dans cette sphère qui soit composé de quatre essences : aussi est-ce lui que Pythagore désignait par son mystérieux quaternaire :
.......Immense et pur symbole, Source de la nature, et modèle des Dieux.
La notion de toutes choses est congénère à l’Homme ; la science de l’immensité et de l’éternité est dans son esprit. Des ténèbres épaisses lui dérobent souvent, il est vrai, le discernement et l’usage ; mais il suffit de l’exercice assidu de ses facultés pour changer ces ténèbres en lumière, et lui rendre la possession de ses trésors. Rien ne peut résister à la puissance de sa volonté.
L’homme, comme je viens de le dire, appartient à une nature triple : il peut donc vivre d’une triple vie ; d’une vie instinctive, d’une vie animique ou d’une vie intellectuelle. Ces trois vies, quand elles sont toutes les trois développées, se confondent dans une quatrième, qui est la vie propre et volitive de cet être admirable, dont la source immortelle est dans la vie et la volonté Divine. Chacune de ces vies a son centre particulier et sa sphère appropriées.
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