Fabre d’Olivet et le Sépher de Moïse

Fabre d’Olivet et la cosmogonie du Sépher de Moïse

Fabre d’Olivet et la Langue hébraïque

Fabre d’Olivet - Moïse

Fabre d’Olivet traduit la langue hébraïque, la cosmogonie du Sepher de Moïse. Le siecle, Jésus,la Bible, les Juifs, Israël, le livre, Saint Augustin, l’histoire.
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Ecrire sur Sépher de Moïse - Livre I - Chapitre I - La principiation

L’Académie d’Hermès


Extrait de la dissertation introductive de la Langue hébraïque restituée de Fabre d’Olivet.

Langue hébraïque restituée utilisée pour le décryptage des 10 premiers chapitres du Sépher de Moïse, les Tables de la Loi originelles :

" Il est, n’en doutez pas, des moments marqués par la Providence, où l’impulsion qu’elle donne vers de nouvelles idées, sapant des préjugés utiles dans leur origine, mais devenus superflus, les forces à céder, comme un habile architecte déblayant les grossières charpentes qui lui ont servi à supporter les voûtes de son édifice. Autant, il serait maladroit ou coupable d’attaquer ces préjugés ou d’ébranler ces charpentes, lorsqu’ils servent encore d’étai soit à l’édifice social, soit à l’édifice particulier, et d’aller, sous prétexte de leur rusticité, de leur mauvaise grâce, de leur embarras nécessaire, les renverser hors de propos ; autant il serait ridicule ou timide de les laisser en place les uns et les autre, par l’effet d’un respect frivole ou suranné, d’une faiblesse superstitieuse et condamnable, lorsqu’ils ne servent plus à rien, qu’ils encombrent, qu’ils masquent, qu’ils dénaturent des institutions plus sages, ou des portiques plus nobles et plus élevés. Sans doute, dans le premier cas, et pour suivre ma comparaison, ou le Prince ou l’architecte doivent arrêter l’ignorant audacieux, et l’empêcher de s’ensevelir lui-même sous des ruines inévitables ; mais dans le second, au contraire, ils doivent accueillir l’homme intrépide qui, se présentant, ou le flambeau ou le levier à la main, leur offre, malgré quelques périls, un service toujours difficile.

Si j’étais né un siècle ou deux plus tôt, et que des circonstances heureuses, servies par un travail opiniâtre, eussent mis les mêmes vérités à ma portée, je les aurais tues, comme ont dû les taire ou les renfermer hermétiquement plusieurs savants de toutes les nations ; mais les temps sont changés. Je vois, en jetant les yeux autour de moi, que la Providence ouvre les portes d’un nouveau jour. Partout les institutions se mettent en harmonie avec les lumières du siècle. Je n’ai point balancé. Quel que soit le succès de mes efforts, ils ont pour but le bien de l’humanité, et cette conscience intime me suffit.

Je vais donc restituer la Langue hébraïque dans ses principes originels, et montrer la rectitude et la force de ces principes en donnant, par leur moyen, une traduction nouvelle de cette partie du Sépher qui contient la Cosmogonie de Moyse. Je me trouve engagé à remplir cette double tâche par le choix même que j’ai fait, et dont il est inutile d’expliquer davantage les motifs.

...C’est dans cet état d’ignorance, et lorsque la Bible grecque usurpait partout la place du Sépher hébraïque, que la Providence, voulant changer la face du Monde, et opérer un de ces mouvements nécessaires, dont je crois inutile d’exposer la raison profonde, suscita Jésus. Un nouveau culte naquit. Le christianisme, d’abord obscur, considéré comme une secte juive, s’étendit, s’éleva, couvrit l’Asie, l’Afrique et l’Europe. L’empire romain en fut enveloppé. Jésus et ses disciples avaient toujours cité la Bible grecque ; les Pères de l’Église s’attachèrent à ce livre avec un respect religieux, le crurent inspiré, écrit par des prophètes, méprisèrent le texte hébraïque, et comme le dit expressément St. Augustin, ignorèrent même son existence. Cependant les Juifs, effrayés de ce mouvement qu’ils étaient hors d’état d’apprécier, maudirent le livre qui le causait.. Les rabbins, soit par politique, soit que la loi orale transpirât, se moquèrent ouvertement d’une version illusoire, la décrièrent comme un ouvrage faux, et la firent considérer aux Juifs comme plus funeste pour Israël, que le veau d’or. Ils publièrent que la Terre avait été couverte de ténèbres pendant trois jours à cause de cette profanation du Livre saint ; et, comme on peut le voir dans le Thalmud, ordonnèrent un jeûne annuel de trois jours en mémoire de cet événement.

Ces précautions étaient tardives ; le dépôt mal gardé devait changer de main. Israël, semblable à un coffre grossier, fermé d’une triple serrure, mais usé par le temps, ne lui offrait plus un asile assez sûr. Une révolution terrible s’approchait : Jérusalem allait tomber, et l’Empire romain, cadavre politique, était promis aux vautours du Nord. Déjà les ténèbres de l’ignorance noircissaient l’horizon ; déjà les cris des Barbares se faisaient entendre dans le lointain. Il fallait opposer à ces redoutables ennemis un obstacle insurmontable. Cet obstacle était ce livre même qui devait les soumettre et qu’ils ne devaient point comprendre.

Les Juifs ni les Chrétiens ne pouvaient entrer dans la profondeur de ces desseins. Ils s’accusaient réciproquement d’ignorance et de mauvaise foi. Les Juifs, possesseurs d’un texte original dont ils n’entendaient plus la langue, frappaient d’anathème une version qui n’en rendait que les formes extérieures et grossières. Les Chrétiens, contents de ces formes que du moins ils saisissaient, m’allaient pas plus avant, et méprisaient tout le reste. Il est vrai que de temps en temps il s’élevait parmi eux des hommes qui, profitant d’un reste de clarté dans ces jours ténébreux, osaient fixer la base de leur croyance, et la jugeant au fond ce qu’ils la voyaient dans ses formes, s’en détachaient brusquement et avec dédain. Tels furent Valentin, Basilide, Marcion, Apelles, Bardesane, et Manès le plus terrible des adversaires que la Bible ait rencontrés. Tous traitaient d’impie l’auteur d’un livre où l’Être bon par excellence est représenté comme l’auteur du mal ; où cet Être crée sans dessein, préfère arbitrairement, se repend, s’irrite, punit sur une postérité innocente le crime d’un seul dont il a préparé la chute. Manès, jugeant Moyse sur le livre que les chrétiens disaient être de lui, regardait ce prophète comme ayant été inspiré par le Génie du mal. Marcion, un peu moins sévère, ne voyait en lui que l’organe du Créateur du monde élémentaire, fort différent de l’Être-Suprême. Les uns et les antres causèrent des orages plus ou moins violents, suivant la force de leur génie. Ils ne réussirent pas, quoiqu’ils eussent en ce point la vérité pour eux, parce que leur attaque était imprudente, intempestive, et que sans le savoir, ils portaient hors de propos, le flambeau sur une charpente rustique, préparés ; pour soutenir un édifice plus imposant et plus vrai.

Ceux des Pères dont les yeux, n’étaient pas tout à fait fascinés, cherchaient des biais pour éluder les plus fortes difficultés. Les uns accusaient les Juifs d’avoir fourré dans les livres de Moyse des choses fausses et injurieuses à la Divinité ; les autres avaient recours aux allégories. St Augustin convenait qu’il n’y avait pas moyen de conserver le sens littéral des trois premiers chapitres de la Genèse, sans blesser la piété, sans attribuer à Dieu des choses indignes de lui. Origène avouait que si l’on prenait l’histoire de la création dans le sens littéral, elle est absurde et contradictoire. Il plaignait les ignorants, qui, séduits par la lettre de la Bible, attribuaient à Dieu des sentiments et des actions qu’on ne voudrait pas attribuer au plus injuste : et au plus barbare de tous les hommes. Le savant Beausobre, dans son Histoire du Manichéisme, et Pétais, dans ses Dogmes théologiques, citent une foule d’exemples semblables.

Le dernier des Pères qui vit l’horrible défaut de la version des hellénistes, et qui voulut y remédier, fut St Jérôme. Je rends une entière justice à ses intentions. Ce Père, d’un caractère ardent, d’un esprit explorateur, aurait remédié au mal, si le mal eût été de nature à céder à ses efforts. Trop prudent pour causer un scandale semblable à celui de Marcion, ou de Manès ; trop judicieux pour se renfermer clans de vaines subtilités comme Origène ou St Augustin, il sentit bien que le seul moyen d’arriver à la vérité était de recourir au texte original. Ce texte était entièrement inconnu. Le Grec était tout. C’était sur le grec, chose extraordinaire et tout à fait bizarre ! qu’on avait fait, à mesure qu’on en avait eu besoin, non seulement la version latine, mais la copte, l’éthiopienne, l’arabe, la syriaque même, la persane, et les antres.

Mais pour recourir au texte original il audit fallu entendre l’hébreu. Et comment entendre une langue perdue depuis plus de mille ans ? Les Juifs, à l’exception d’un très petit nombre de sages auxquels les plus horribles tourments ne l’auraient pas arrachée, ne la savaient guère mieux que St. Jérôme. Cependant le seul moyen qui resta à ce Père était de s’adresser aux Juifs. Il prit un maître parmi les rabbins de l’école de Tibériade. A cette nouvelle, toute l’Église chrétienne jette un cri d’indignation. St. Augustin blâme hautement St Jérôme. Ruffin l’attaque sans ménagements. St. Jérôme, en butte à cet orage, se repent d’avoir dit que la version des Septante était mauvaise ; il tergiverse ; tantôt il dit, pour flatter le vulgaire, que le texte hébraïque est corrompu ; tantôt il exalte ce texte, dont il assure que les Juifs n’ont pu corrompre une seule ligne. Lorsqu’on lui reproche ces contradictions, il répond qu’on ignore les lois de la dialectique, qu’on ne sait pas que dans les disputes on parle tantôt d’une manière et tantôt d’une autre, et qu’on fait le contraire de ce qu’on dit. Il s’appuie de l’exemple de St. Paul ; il cite Origène. Ruffin le traite d’impie, lui répond qu’Origène ne s’est jamais oublié au point de traduire l’hébreu, et que des Juifs ou des apostats seuls peuvent l’entreprendre. St. Augustin, un peu moins emporté, n’accuse pas les Juifs d’avoir corrompu le texte sacré ; il ne traite pas St. Jérôme d’impie et d’apostat ; il convient même que la version des Septante est souvent incompréhensible ; mais il a recours à la providence de Dieu , qui a permis que ces interprètes aient traduit l’Écriture de la manière qu’il jugeait, être le plus à propos pour les nations qui devaient embrasser la religion chrétienne. Au milieu de ces contradictions sans nombre, St. Jérôme a le courage de poursuivre son dessein ; niais d’autres contradiction, d’autres obstacles plus terribles l’attendent. Il voit que l’hébreu qu’il veut saisir lui échappe à chaque instant ; que les Juifs qu’il consulte flottent dans la plus grande incertitude ; qu’ils ne s’accordent point sur le sens des mots, qu’ils n’ont aucun principe fixe, aucune grammaire ; que le seul lexique enfin dont il puisse se servir est cette même version hellénistique, qu’il a prétendu corriger. Quel est donc le résultat de son travail une nouvelle traduction de la Bible grecque, faite dans un latin un peu moins barbare que les traductions précédentes, et confrontée avec le texte hébraïque, sous le rapport des formes littérales. St. Jérôme ne pouvait pas faire davantage. Eût-il pénétré dans les principes les plus intimes de l’hébreu ; le génie de cette langue se fût-il dévoilé à ses yeux, il aurait été contraint par la force des choses, ou de se taire, ou de se renfermer dans la version des hellénistes. Cette version, jugée le fruit d’une inspiration divine, dominait les esprits de telle sorte, qu’il fallait se perdre comme Marcion, ou la suivre dans son obscurité nécessaire.

Voilà quelle est la traduction latine qu’on appelle ordinairement la Vulgate. Le Concile de Trente a déclaré cette traduction authentique, sans néanmoins la déclarer infaillible ; mais l’Inquisition l’a soutenue de toute la force de ses arguments, et les théologiens, de tout le poids de leur intolérance et de leur partialité. Je n’entrerai point dans le détail ennuyeux des controverses sans nombre que la version des hellénistes et celle de St. Jérôme ont fait naître dans des temps plus modernes. Je passerai sous silence les traductions qui ont été faites dans toutes les langues de l’Europe, soit avant, soit depuis la réformation de Luther, parce qu’elles ne sont toutes également que des copies plus on moins éloignées du grec et du latin.

Que Martin Luther, qu’Augustin d’Eugubio, disent tant qu’ils voudront que les hellénistes sont des ignorants, ils ne sortent pas de leur lexique en copiant St. Jérôme. Que Santès Pagnin, qu’Arias Montanus, essaient de discréditer la Vulgate ; que Louis Cappelle, passe trente-six ans de sa vie à en relever les erreurs ; que le docteur James, que le père Henry de Bukentop, que Luc de Bruges, comptent minutieusement les fautes de cet ouvrage, portées selon les uns à deus mille, selon les autres à quatre mille ; que le cardinal Cajetan, que le cardinal Bellarmin, les sentent ou les avouent ; ils n’avancent pas d’un iôta l’intelligence du texte. Les déclamations de Calvin, les travaux d’Olivetan, de Corneille Bertram, d’Ostervald, et d’une infinité d’autres savants, ne produisent pas un meilleur effet. Qu’importent les pesants commentaires de Calmet, les diffuses dissertations de Hottinger ? Quelles clartés nouvelles voit-on naître des ouvrages de Bochard, de Huët, de Leclerc, de Lelong, de Michaëlis ? L’hébreu en est-il mieux connu ? Cette Langue, perdue depuis vingt-cinq siècles, cède-t-elle aux recherches du père Houbigant, à celle de l’infatigable Kennicott ? A quoi sert-il que l’un ou l’autre, ou tous les deux ensemble, fouillent les bibliothèques de l’Europe, en compulsent, en compilent, en confrontent tous les vieux manuscrits ? à rien du tout. Quelques lettres varient, quelques points-voyelles changent, mais la même obscurité reste sur le sens du Sépher. Dans quelque langue qu’on le tourne, c’est toujours la version des hellénistes qu’on traduit, puisque c’est elle qui sert de lexique à tous les traducteurs de l’hébreu.

Il est impossible de sortir jamais de ce cercle vicieux si l’on n’acquiert une connaissance vraie et parfaite de la Langue hébraïque. Mais comment acquérir cette connaissance ? Comment ? En rétablissant cette Langue perdue dans ses principes originels : en secouant le joug des hellénistes : en reconstruisant son lexique : en pénétrant dans les sanctuaires des Esséniens : en se méfiant de la doctrine extérieure des Juifs en ouvrant enfin cette arche sainte, qui, depuis plus de trois mille ans, fermée à tous les profanes, a porté jusqu’à nous, par un décret de la Providence divine, les trésors amassés par la sagesse des Égyptiens.

Voilà le but d’une partie de mes travaux. Marchant vers l’origine de la Parole, j’ai trouvé sur mes pas le chinois, le sanscrit, et l’hébreu. J’ai examiné leurs titres. Je les ai exposés à mes Lecteurs. Forcé de faire un choix entre ces trois idiomes primordiaux, j’ai choisi l’hébreu. J’ai dit comment composé à son origine, d’expressions intellectuelles, métaphoriques, universelles, il était insensiblement revenu à ses éléments les plus grossiers, en se restreignant à des expressions matérielles, propres et particulières. J’ai montré à quelle époque et comment il s’était entièrement perdu. J’ai suivi les révolutions du Sépher de Moyse, unique livre qui le renferme. J’ai développé l’occasion et la manière dont se firent les principales versions. J’ai réduit ces versions au nombre de quatre ; savoir : les paraphrases chaldaïques ou targums, la version samaritaine, celle des Jérôme ou la Vulgate. J’ai assez indiqué l’idée qu’on en devait prendre. hellénistes appelée la version des Septante, enfin celle de StJérôme ou la Vulgate. J’ai assez indiqué l’idée qu’on en devait prendre.

C’est maintenant à ma Grammaire à rappeler les principes oubliés de la Langue hébraïque, à les établir d’une manière solide, à les enchaîner à des résultats nécessaires : c’est à ma traduction de la Cosmogonie de Moyse, et aux notes qui l’accompagnent, à montrer la force et la concordance de ces résultats. Je vais me livrer sans crainte à ce travail difficile, aussi certain de son succès que de son utilité, si mes Lecteurs daignent m’y suivre avec l’attention et la confiance qu’il exige. "


Sépher de Moïse - Livre I - Chapitre I - La principiation

Fabre d’Olivet : Le livre du Sépher de Moïse

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Le Sépher de Moïse - Livre II - La distinction - Fabre d’Olivet

Fabre d’Olivet : livre du Sépher de Moïse

Le Sépher de Moïse, version décryptée par Fabre d’Olivet

Premier livre du Sépher de Moïse par Fabre d’Olivet, qui taite de la distinction. Retrouvez tous les livres et chapitres du Sépher de Moïse sur notre site.

Le Sépher de Moïse - Livre III - Chapitre III - L’extraction

Le Sépher de Moïse, livre III, chapitre III de Fabre d’Olivet

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Le Sépher de Moïse décrypté par Fabre d’Olivet, et révélé par les commentaires du livre : La Véritable Histoire d’Adam et Eve enfin dévoilée, en téléchargement gratuit.

Le Sépher de Moïse - Livre IV - Chapitre IV - la multiplication

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Le Sépher de Moïse - Livre V - Chapitre V - la compréhension

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Le Sépher de Moïse - Livre VI - Chapitre VI - la mesure

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